Le titre « Genève: des élèves simulent un procès au CO de Drize » correspond à un article qui a été publié récemment.
Faux procès à Genève
Au Cycle, des élèves se mettent dans la peau d’accusés et de procureurs
Durant une semaine, des avocats se sont déplacés dans différents cycles d’orientation pour initier les élèves au système judiciaire. Immersion dans le jeu de rôle simulé par la classe 215 de Drize.

«Les avocats dans les écoles» est une action pédagogique pour sensibiliser les élèves au système judiciaire. Sur une semaine, une centaine de classes du canton reçoivent la présence d’un avocat de l’Odage durant une matinée.
Nicolas Dupraz
- L’Ordre des avocats genevois organisait cette semaine des ateliers dans des classes de 9e du Cycle d’orientation pour initier les jeunes au système judiciaire.
- Les élèves participent à un faux procès simulant un cas de harcèlement et de violence.
- Une centaine de classes genevoises ont bénéficié de cette sensibilisation.
Règles de conduite épinglées au mur, pupitres ordonnés et peinture blanche. Ce jeudi matin, le décor du tribunal diffère quelque peu des habituelles salles du Palais de justice. Pourtant, dès que Me Matthieu Gisin, avocat pénaliste, entre dans cet espace, il assure: «Ce n’est pas beaucoup plus petit qu’une salle d’audience.»
Tout est prévu. Dans cette salle 215 du Cycle d’orientation (CO) de Drize, une vingtaine d’élèves de 9e année assistent à une activité interactive organisée par l’Ordre des avocats de Genève (Odage) et le Département de l’instruction publique: «Les avocats dans les écoles».
Durant deux périodes, les jeunes âgés de 12 à 13 ans s’initient au système judiciaire suisse. L’atelier se divise en deux parties. La première est théorique, tandis que la seconde simule un faux procès et encourage les élèves à se prêter à un jeu de rôle. Ils incarneront prévenus, avocats, procureurs et même dessinateur. L’enthousiasme gagne vite la classe. Immersion.
Chacun un rôle dans ces faux procès
«En deuxième heure, vous aurez tous un rôle», entame Me Matthieu Gisin. Mais avant que les élèves choisissent parmi les identités fictives, il faut les expliquer. L’avocat pénaliste décrit alors les différents intervenants présents lors d’une procédure judiciaire.
«Le droit pénal comporte la notion de punition. C’est-à-dire qu’il y a quelque chose de faux qui a été fait et les procureurs, qui représentent l’État, cherchent à rétablir la vérité.» Il poursuit en parlant de la place du prévenu, de la partie plaignante ou encore du rôle des avocats et adapte aussi les explications à la réalité des enfants. «Dans un procès qui concerne des mineurs, la police n’est pas tout à fait la même et il n’y a pas de procureur, mais un juge pour mineurs.»

C’est la première fois que Me Matthieu Gisin participait à ses sensibilisations de l’Odage. L’année prochaine, il prévoit de «raccourcir un peu la partie théorique pour que l’apprentissage soit renforcé par le jeu de rôle».
Nicolas Dupraz
Une précision est amenée: les procès dans les films américains ne sont pas les mêmes qu’en Suisse. Le professeur présent en première heure interagit. «Est-ce que vous avez déjà vu des procès?» Les réponses s’équilibrent. Et un élève de glisser: «Oui, celui de Sarkozy.»
«Un univers qui leur parle»
Le maître de classe, Loïc Bouille, est à l’initiative de cette démarche de l’Odage. Après que sa direction a envoyé un courriel aux enseignants, il a inscrit ses deux classes, dont une a pu profiter de cette sensibilisation à la justice.
«C’est une activité intéressante qui sort de la routine et qui permet aussi, grâce au jeu de rôle, de travailler l’empathie des élèves, partage le prof de citoyenneté. Le but de ces cours est de les informer sur le système politique suisse, mais aussi de les rendre actifs en tant que citoyens.»
Le scénario fictif du jour met en scène cinq protagonistes. Deux victimes – une fille, Amina, et un garçon, Pedro – et leurs trois agresseurs présumés, Grégory, Koffy et Jules. En cause: des messages sur le groupe WhatsApp de la classe et une vidéo postée sur TikTok. Des injures comme «gros mongol» ou «espèce de sale schizo» ont également été proférées et une centaine de SMS ont été envoyés à Amina, la jeune fille.
L’enseignant revient sur ce scénario de harcèlement et d’insultes, amplifiés par le cadre des réseaux sociaux. «C’est très bien, car c’est un univers qui leur parle. L’affaire aurait pu être plus surprenante avec un cas de grand banditisme, mais ça aurait certainement été moins pertinent.»
Loïc Bouille profitera de cette activité pour aller plus loin, notamment en abordant le sens des peines et le rôle de la justice avec sa classe.
Le ton change

À la suite de l’activité, l’enseignant a partagé un constat: «Les élèves s’écoutaient beaucoup entre eux. Souvent, les rapports sont plutôt individuels entre eux et moi et c’est parfois difficile d’avoir des relances communes avec la classe.»
Nicolas Dupraz
Dans la seconde partie de matinée, le mobilier de la classe est déplacé, imitant le dispositif d’une salle d’audience. Les trois procureurs font face aux autres parties et le vouvoiement s’installe naturellement.
«Pourquoi avez-vous publié la vidéo de Pedro?» demandent les procureurs. «Pour faire des vues», répond le prévenu.
Une vingtaine de questions plus tard vient le temps des plaidoiries. Exercice mélangeant sérieux et éclats de rire. Puis, la sonnerie retentit. Signe que cette matinée originale leur a plu, les élèves accordent quelques minutes de leur pause à l’annonce du verdict.
Entre lundi et vendredi, une centaine de classes du canton de Genève ont bénéficié d’une activité similaire.
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