Un article intitulé « DZ Mafia : qui est l’avocat pénaliste, soupçonné d’avoir « été corrompu » par l’organisation criminelle en introduisant des objets en prison ? » a été récemment mis en ligne.
Une opération de grande ampleur, menée en début de semaine, a abouti à l’arrestation de 42 membres présumés de la DZ Mafia. Un avocat lyonnais est également soupçonné d’avoir été corrompu par l’organisation criminelle et favoriser des activités de ses clients en prison.
Depuis le lundi 9 mars, un avocat pénaliste du barreau de Lyon (Rhône) se trouve dans le viseur des enquêteurs dans le cadre d’un vaste coup de filet visant la DZ Mafia, l’un des réseaux de narcotrafic les plus influents de la région marseillaise et au-delà.
Placé en garde à vue à Marseille (Bouches-du-Rhône), Me Kamel A., 49 ans, est soupçonné d’avoir entretenu des relations allant bien au-delà du strict cadre professionnel avec certains membres de cette organisation criminelle, a appris Le Progrès.
« Une trop grande proximité, parfois dangereuse »
Avant d’être rattrapé par cette affaire, le pénaliste suivait un parcours qui semblait plutôt classique. Inscrit au barreau de Lyon depuis 2020, il exerce dans le Rhône, notamment depuis la commune de Lissieu. Son profil tranche avec celui de nombreux avocats rompus aux dossiers de grand banditisme. Il est décrit par un confrère « comme un homme sympathique, arrivé tardivement dans le métier et sans avoir été formé dans les cabinets spécialisés dans la criminalité organisée », poursuit Le Parisien.
Au fil des années, l’avocat s’est retrouvé à représenter plusieurs figures liées au narcobanditisme. D’après certains confrères, cette évolution aurait commencé lors de visites régulières à la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, où il rencontrait des détenus. C’est là qu’il aurait croisé la route de membres de la DZ Mafia, dont certains cadres incarcérés. Il a notamment défendu Gabriel O., présenté comme l’un des dirigeants de l’organisation, détenu dans un quartier de haute sécurité. Par la suite, il a également assisté Amine O., soupçonné d’être une autre tête pensante du réseau et commanditaire du meurtre du frère du militant antidrogue Amine Kessaci.
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Cette proximité avec des individus impliqués dans le trafic de stupéfiants a fini par susciter l’étonnement chez certains pénalistes lyonnais. « Il avait une trop grande proximité, parfois dangereuse, avec certains de ses clients dont il reprenait les mêmes codes de langage », rapporte au Parisien un pénaliste lyonnais.
Des épisodes déjà controversés
Avant même le récent coup de filet, un incident survenu dans l’établissement pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe (Orne) avait attiré l’attention. En décembre dernier, lors d’un parloir avec son client Amine O. dans la prison ultra-sécurisée, les portiques de détection auraient signalé des anomalies au moment où l’avocat quittait les lieux. Des marquages répétés avaient été constatés lors du passage sous les scanners, rapportait Le JDD. Les surveillants n’ayant pas la possibilité d’aller plus loin dans les vérifications, l’accès à l’établissement lui avait finalement été refusé. L’intéressé avait contesté toute suspicion, expliquant que ces alertes pouvaient être liées à un dispositif médical porté avant une opération chirurgicale.
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Le pénaliste était déjà soupçonné d’avoir fait « entrer un routeur 4G » dans le centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et en septembre, c’est une épaisse liasse de billets qu’il aurait tenté de faire entrer dans la prison de Vendin-le-Vieil.
Une ligne téléphonique frauduleuse ?
À la suite de cette opération « Octopus », considérée comme l’une des plus importantes contre la DZ Mafia, les enquêteurs vont notamment chercher à déterminer si l’avocat aurait pu être « corrompu » par l’organisation et s’il aurait facilité certaines communications illégales entre détenus et l’extérieur. Parmi les hypothèses étudiées figure, toujours selon Le Parisien, l’utilisation de la ligne téléphonique de son cabinet pour contourner les règles encadrant les échanges entre un prisonnier et son avocat.
Pour l’heure, l’avocat bénéficie toujours de la présomption d’innocence. Au total, 42 personnes ont été placées en garde à vue dans quatre départements, dont les trois principaux chefs présumés de l’organisation.
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