Une rentr\u00e9e judiciaire sans les masques, voil\u00e0 ce qui change entre l\u2019audience solennelle de rentr\u00e9e du tribunal de Vannes qui se d\u00e9roulait ce vendredi 20 janvier et celle de 2022. Car pour le reste, l\u2019activit\u00e9 est toujours aussi soutenue alors que les moyens de la justice sur le ressort de Vannes laissent \u00e0 d\u00e9sirer. C\u2019est flagrant en mati\u00e8re de justice p\u00e9nale, avec 3\u00a0558 affaires poursuivables par le parquet, dont 3\u00a0178 ont obtenu une r\u00e9ponse judiciaire. Le nombre de gardes \u00e0 vue effectu\u00e9es en zone police et gendarmerie est \u00ab\u00a0en hausse continue depuis huit ans\u00a0\u00bb, a pr\u00e9cis\u00e9 le procureur de Vannes Maxime Antier. En 2022, 1\u00a0452 personnes ont \u00e9t\u00e9 ainsi auditionn\u00e9es sous contrainte. Une \u00e9volution \u00e0 la hausse que le parquet met sur le compte du \u00ab\u00a0traitement proactif des violences intrafamiliales\u00a0\u00bb.<\/p>\n
\nAvec seulement 4,5 juges pour 100\u00a0000 habitants, la juridiction vannetaise est la plus sous dot\u00e9e de la cour d\u2019appel de Rennes<\/p>\n<\/blockquote>\n
\u00ab\u00a0Une r\u00e9ponse empreinte de r\u00e9activit\u00e9 et de fermet\u00e9\u00a0\u00bb<\/h2>\n
Un constat auquel adh\u00e8re le pr\u00e9sident du tribunal judiciaire Pierre-Olivier Danino, qui dans son discours a observ\u00e9 que pour une femme \u00ab\u00a0le danger n\u2019est pas dehors, mais une fois qu\u2019elle a ferm\u00e9 la porte, dans la chaleur d\u2019un foyer cens\u00e9 \u00eatre protecteur. Mais, observe le magistrat, la justice ne pourra pas seule r\u00e9soudre ce qui est un probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9, et qui n\u00e9cessite \u00e0 l\u2019\u00e9vidence une mobilisation de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n
Face \u00e0 ce genre de d\u00e9lits, la justice veut donner des r\u00e9ponses rapides. Les 319 d\u00e9ferrements op\u00e9r\u00e9s en 2022 \u00ab\u00a0refl\u00e8tent une r\u00e9ponse empreinte de r\u00e9activit\u00e9 et de fermet\u00e9 du parquet\u00a0\u00bb, affirme Maxime Antier. Plus du tiers de ces d\u00e9ferrements concernait des violences intrafamiliales.<\/p>\n
Les deux autres cibles majeures du minist\u00e8re public restent les trafics de stup\u00e9fiants \u00ab\u00a0o\u00f9 la justice a marqu\u00e9 des points, m\u00eame s\u2019il ne faut pas baisser la garde\u00a0\u00bb et la d\u00e9linquance routi\u00e8re, celle \u00ab\u00a0qui tue le plus et encore en 2022\u00a0\u00bb.<\/p>\n
Mise en place des cours criminelles<\/h2>\n
Cette forte activit\u00e9 s\u2019inscrit dans le cadre d\u2019une justice qui agit avec des moyens contraints. Du c\u00f4t\u00e9 du parquet, la dotation en magistrats (5) n\u2019a pas \u00e9volu\u00e9 depuis vingt ans. Du c\u00f4t\u00e9 du si\u00e8ge, Pierre-Olivier Danino a regrett\u00e9 qu\u2019avec \u00ab\u00a0seulement 4,5 juges pour 100\u00a0000 habitants, la juridiction vannetaise est la plus sous dot\u00e9e de la cour d\u2019appel de Rennes\u00a0\u00bb. Ce, alors que se profile la mise en place des cours criminelles, qui pourrait \u00eatre effective \u00e0 l\u2019automne dans le Morbihan. Pendant de la cour d\u2019assises \u2013 qui en 2022 aura jug\u00e9 douze dossiers en 39 jours d\u2019audience -, ces cours criminelles seront compos\u00e9es uniquement de magistrats professionnels, ce qui repr\u00e9sentera \u00ab\u00a0une charge suppl\u00e9mentaire pour les magistrats de Vannes et de Lorient\u00a0\u00bb.<\/p>\n
Le tableau n\u2019est pas tout noir. En mati\u00e8re de justice civile, la crise sanitaire et la pause dans la passation de contrats qu\u2019elle a occasionn\u00e9e ont permis d\u2019apurer 34\u00a0% des dossiers. L\u2019\u00e9volution prend le m\u00eame chemin au niveau du P\u00f4le social, de la justice des mineurs et de celle des affaires familiales.<\/p>\n<\/div>\n